Le Ventre

« … son âme trempée dans le Cocyte,
lorsque son corps paraît encore vivant sur terre
 »

Enfer/XXXIII/156-157

(installation, tissu, bois, ferraille, grillage, cire, plâtre, gesso, pigment)

Cette installation représente le Cocyte, marais gelé dans lequel sont prisonniers les âmes du Neuvième cercle, les traîtres.

Le kimono noir, vêtement porté dans la vidéo « Selva Oscura » est ici présenté en suspension, vide de matière, sans vie.

En son sein ne réside plus que des matières mortes. Des branches, dont l’aspect évoquent la glace, sortent du ventre comme des extensions du corps, des ramifications. Des chardons montrent une nature sans vie. Grillage, ferrailles, tissu et autres matériaux insérés dans la structure, évoquent la décomposition, comme une sorte de décharge mécanique, et rappellent le squelette, la structure du corps.

Au centre est logé un poids tenu par de fines ficelles devant une plaque de rouille flamboyante. Le poids illustre la notion d’équilibre précaire et le mouvement du temps, tel un pendule, interrompu par la vétusté du matériau. La plaque, l’emplacement du cœur manquant.

Le Stix

(plâtre, tissu, sous cloche en verre)

Aux abords de la Cité de Dité, Virgile et Dante traversent le Stix sur la barque du nocher Phlégias.

Dans ces eaux boueuses, sont condamnées les âmes des coléreux, se dévorant entre elles sans espoir de rejoindre la rive.

Sous une cloche en verre, trois mains s’agressent, s’affrontent, à l’image des coléreux.

Elles évoquent l’idée d’un appel au secours et le vif espoir de s’en sortir ainsi que la volonté d’interpeller l’autre sur sa propre souffrance

Le Phlégéton

(plâtre, fil rouge, chardon, ferraille, acrylique)

Au fond du Septième cercle, coule le fleuve infernal, le Phlégéton, dont les eaux de sang brûlant ébouillantent les damnés.

Ici, le Minotaure garde les traîtres envers leur prochain.

Deux mains sont liées par un fil rouge emmêlé, symbolisant le fil d’Ariane guidant le héros grec Thésée dans le Labyrinthe. Des chardons brûlants empêchent les mains de se joindre ou les condamnent à une souffrance inévitable.